La chlordécone est un pesticide qui a été employé pendant de nombreuses années aux Antilles dans les bananeraies pour lutter contre le charançon, un insectes ravageur de cultures. Cette molécule particulièrement persistante a été interdite définitivement en 1993, mais, compte tenu de son utilisation quasi systématique a contaminé de grandes surfaces de terres agricoles (20 000 à 30 000 hectares en Martinique et Guadeloupe).
Depuis 1999, une série de mesures ont été mises en œuvre pour réduire l’exposition de la population à ce pesticide, comme l’installation d’unités spéciales de traitement de l’eau potable, le contrôles des parcelles de culture avant commercialisation des légumes, la fermeture de certaines fermes aquacoles particulièrement exposées, etc.
Pour autant, des études successives ont démontré qu’une partie de la population martiniquaise, estimée à environ 15 000 personnes, pouvait par la consommation régulière de légumes cultivés dans les jardins familiaux, dépasser les limites maximales d’exposition.
Dans le cadre du plan chlordécone 2008-2010, le programme de santé JAFA (jardins familiaux) a été créé pour répondre à cette préoccupation, en identifiant d’une part ces populations et en prodiguant aux familles réellement surexposées des préconisations individualisées pour réduire l’exposition à la chlordécone. Ce programme est porté par les équipes de l’Agence Régionale de Santé de Martinique, avec le concours d’associations de protection de l’environnement ou d’éducation pour la santé.
Ainsi, entre avril 2008 et mai 2010, plus de 15 000 parcelles ont été enquêtées, plus de 5 00 foyers ont été rencontrés et 850 analyses de sols réalisées. Ce processus d’enquêtes est pratiquement achevé.
Il ressort de ces enquêtes qu’environ 150 foyers (3% des foyers enquêtés) consomment régulièrement des légumes contenant des teneurs en chlordécone pouvant dépasser les limites de commercialisation, voire les limites d’exposition.
Pour ces foyers, des mesures d’accompagnement sont mises en œuvre, avec notamment le passage de conseillers qui proposent à chaque famille des mesures individuelles pour réduire l’exposition, soit en modifiant les pratiques de cultures, en diversifiant les approvisionnement ou en faisant appel aux dispositifs de jardins collectifs mis en place ou l’épicerie solidaire.